PolitiqueToute l'actu

Ferdinand Ngoh Ngoh bientôt remercié par le Président de la République ?

C’est en tout cas ce que laisse croire la « lettre du continent », dans son édition n.819 du 04 Mars 2020 publiée à Paris. Selon ces confrères, la conflagration, en moins de deux semaines, de la crise sécuritaire larvée dans l’Ouest anglophone (le “NO/SO”) et des tensions générées par les élections du 9 février a bouleversé l’équilibre qu’avait jusqu’ici réussi à maintenir Paul Biya entre les tenants d’une ligne dure et ceux qui, au contraire, plaident pour une négociation avec les séparatistes.

Les premiers, qui sont pour l’essentiel issus du clan Bulu-Beti du chef de l’Etat, sont en passe de prendre définitivement le pas sur les seconds, dont la marraine est la première dame Chantal Biya.

Ferdinand Ngoh Ngoh menacé ?


Toujours selon ce bi-mensuel, le 24 janvier, c’est le paraphe du tout-puissant secrétaire général de la PRC, Ferdinand Ngoh Ngoh, qui figurait au bas du virulent communiqué réagissant aux propos d’Emmanuel Macron sur la crise au “NO/SO”. Mais dans le premier cercle du pouvoir, le ton martial du texte sonne creux : tous les barons du régime savent en effet que le secrétaire général est sur la sellette et qu’il pourraitmêmeperdredanslesprochainsmois son bâton de maréchal, à savoir la délégation de signature du président. La lente disgrâce de Ferdinand Ngoh Ngoh, déjà perceptible à la fin de l’année dernière, s’est brusquement accélérée ces dernières semaines.
Le pouvoir aurait récemment refusé la reprise d’une médiation avec plusieurs leaders séparatistes anglophones initiée l’an dernier avec l’assentiment du secrétaire général, de la diplomatie suisse et du Centre pour le dialogue humanitaire. Cette conciliation s’était interrompue à l’automne 2019 ( LC n°814) et la Suisse a proposé de la reprendre, mais a reçu une fin de non-recevoir. Déjà, l’an dernier, Ngoh Ngoh s’était vainement opposé à la tenue d’un “grand dialogue national” avec l’opposition modérée, qui a finalement eu lieu à l’automne et constitue aujourd’hui le principal argument du pouvoir face aux accusations d’arbitraire. Le retour triomphal de l’opposant Maurice Kamto à Yaoundé le 26 février sonne également comme un désaveu pour Ferdinand Ngoh Ngoh, qui avait prôné l’arrestation du leader anglophone en janvier 2019…La perte d’influence du SGPR serait d’autant plus rapide qu’il ne disposerait au sein de l’appareil d’Etat, que d’un seul véritable soutien, celui de Madame Chantal Biya. C’est en effet elle qui, selon ces confrères, en échange de son retour au Cameroun en 2011, après avoir passé plus de six mois à Paris, aurait exigé la nomination de Ferdinand Ngoh Ngoh (le secrétaire général est un Nanga-Eboko de la Haute-Sanaga comme la famille maternelle de la première dame).

Le retour en force du DCC


La disgrâce de Ferdinand Ngoh profiterait donc à l’autre homme fort de l’entourage de Paul Biya, le directeur de cabinet civil Samuel Mvondo Ayolo. Tenant d’une ligne diamétralement opposée à celle du secrétaire général, Ayolo aurait ainsi plaidé pour l’interruption de tout contact, même indirect, avec les séparatistes du “NO/SO”, et s’emploierait désormais à refuser toute implication étrangère dans le conflit.

C’est la raison pour laquelle l’invitation d’Alpha Konaré à Nairobi le mois dernier et les propositions de l’ONU de mettre en place une force d’inter- position au “NO/SO” restent lettre morte. Sur le plan intérieur, celui qui fut pendant deux ans (2016-2018) ambassadeur à Paris veut coopérer avec les leaders anglophones modérés avec lesquels le pouvoir s’est accordé à l’automne, et réprimer tous les autres. Il est suivi sur cette ligne par le ministre de l’administra- tion territoriale, Paul Atanga Nji, et plusieurs conseillers sécuritaires de Paul Biya.

LIRE :  Premier League : Mohamed Salah désigne le meilleur joueur de la saison

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page
Fermer
Fermer

Adblock détecté

La maintenance de notre site repose sur des revenus issus des publicités saines. Veuillez désactiver votre bloqueur de publicités pour visualiser notre contenu.
Enable Notifications.    Ok No thanks