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La terrible histoire de Alicia Ramazani qui a épousé son violeur et l’assassin de sa mère sans le savoir

C’est une histoire totalement hors du commun que la rédaction de Newsclic a jugé bon de diffuser de par son caractère choquant, elle allie à la fois émotion, douleur et stupéfaction. Ainsi pour comprendre de quoi il est question, il est nécessaire de parcourir ce recit:

Je m’appelle Alicia Ramazani et je suis originaire de Fizi au nord Kivu en RDC.
En 1998, j’avais 12 ans lorsque les rebelles du RCD sont entrés chez nous. Ils ont cogné la porte qui s’est entrouverte.
Ils ont menacé de nous tuer et de nous violer.
Ma mère a pris notre défense. Elle a dit à ces gens: tuer moi et laissez mes filles tranquilles.
Mais ces gens n’ont pas voulu.
Ils ont violé et tué ma mère en lui mettant des baïonnettes sur son sexe. Et puis, ils m’ont violé et ma grande soeur. Non seulement j’ai perdu ma virginité mais je saignais abondamment.
Imaginez près de 7 militaires couchent de force avec vous. Ils vous jettent des salives aux visages, touchent de force vos parties intimes, etc.
Notre père et mes deux jeunes frères étaient à Goma pour la foire agricole.
Tu peux tout oublier sauf les visages du premier et du dernier violeur, ces gens qui maltraitent les femmes, qui violent sans vergogne leurs soeurs, etc. Je ne sais même pas quel type des semences, des microbes ou des maladies, ils ont laissé dans mon coeur.
Ils nous ont laissé baignant dans votre sang et excréments.
On criait, on pleurait, mais personne ne venait à notre secours.
Après leur départ, nos voisins qui ont survécu, sont venus nous aider. Ils ont pris et enterré ma mère.
Les agents de la croix rouge nous ont amené à un hôpital mobile de médecins sans frontière. Malgré le traitement, il s’est avéré que ma soeur ne pourrait plus enfanté et qu’elle a attrapé du sida. Quant à moi, je suis juste tombé enceinte d’un de ses militaires. Imaginez à 12 ans et grosse.
Les gens me regardaient avec dédain désormais. Être grosse à la suite d’un viol était un sujet de honte effroyable.
Mon père décida de nous amener à kinshasa pour oublier cette épisode. Mais comment oublier ? C’est une trace qui vous colle à la peau.
À Kinshasa, ma soeur mourut quelques temps car son corps ne répondait plus au traitement des antirétroviraux
. Elle n’avait que 20 ans et moi 18 ans.
Mon fils avait bien grandi et mon père l’a adopté comme son propre fils. Il m’appelait d’ailleurs grande soeur et non maman.
À un moment, j’ai décidé de vivre pleinement ma vie et d’oublier cette épisode malheureux.
Je suis allé à l’ISP/ Gombe pour faire les sciences commerciales.
J’ai connu quelques garçons mais ça ne marchaient pas. Je ne voulais pas qu’un gars me touchent et je me fâchée facilement. Ce qui faisait fuir les garçons.
Lorsque j’étais arrivé à la 2e licence, Je rentrai vers la maison et le transport était très difficile.
Vers le boulevard du 30 juin, une jeep s’arrêta à mon hauteur et on m’invita.
Sois la glace, j’ai aperçu un beau monsieur, la trentaine ou la quarantaine révolue qui me pria de monter et de de me déposér chez moi.
J’ai accepté non sans peine.
En route, il se présenta et me dit qu’il est substitut du procureur dans un parquet de Kinshasa.
Avant de descendre, il me donna sa carte de visite.
Depuis lors, nous avons commencé à nous fréquenter et puis il m’a demandé officiellement en mariage.
J’ai accepté. Ce gars avait une certaine faciliter à communiquer et sa présence seulement me faisais frémir. Jamais depuis mon viol, un gars n’a si suscité cela en moi. Il a pris mon fils sous son aile et a dit qu’il adopterait une fois mariée.
Le jour de notre mariage, c’est fut un moment hébreux pour moi et ma famille surtout mon père. Lui qui a juré qu’il vengerait la mort de notre mère et de ma soeur ainsi que mon viol même au prix de sa vie. Lui qui ne sait jamais remarié depuis.
Les Amis de mon mari lui avait préparé une surprise, il s’agissait d’une danse en notre honneur.
Alors qu’ils dansaient sous les applaudissements de l’assistance.
Un d’eux s’approcha de mon mari et lui dit: Ramon cota, vraiment obali? ( tu t’es vraiment marié Ramon cota?).
Ce nom me disais quelque chose.
Dans notre nuit de noce, j’ai demandé à mon mari: chérie, pourquoi on t’appelle Ramon cota ?
Il n’a rien dit, a fait semblant et on est passé à autre chose.
Après 1 an de mariage alors que j’étais grosse.
Ces amis sont venus le voir à la maison. Avant leur départ, l’un d’eux a lancé: Ramon cota, veste esimbaka yo koleka treillis militaire!
Avant de nous coucher, j’ai demandé à mon mari: chérie stp, pourquoi on t’appelle Ramon et ton ami parle de ton treillis ?
Il me regarda quelques minutes puis me dit: chérie, c’est une partie de l’histoire de ma vie que je n’aime pas raconté aux gens.

  • cherie, stp parle moi. Je suis ta femme.
  • il me dit: chérie, Ramon est mon nom de militaire. J’avais 16 ans lorsque les rebelles m’ont pris de force pour entrer dans la rébellion. Il m’ont drogué et manipulé pour que je tue, viole, etc.
    Moi et mes amis nous étions affecté dans l’axe Fizi-Baraka où nous avions tué et violé des milliers des femmes. Je me souviens particulièrement d’une famille à Fizi. Nous étions en quête des soldats réguliers et puis nous sommes entrés dans une maison, il y avait une maman et ses deux filles. Nous les avions tous violés et puis nous avions tué la maman. Cette histoire me hante toujours dans la tête. C’est pourquoi après la rébellion, j’ai décidé de quitter l’armée et de faire le droit. Je me suis confessé et je suis devenu chrétien. Chérie j’ai donnerai n’importe quoi pour m’excuser auprès de toutes les victimes mais comment les reconnaître. Que le Seigneur me pardonne. Ramon cota fut mon nom de guerre, j’étais cruel et sanguinaire. C’est ce que mes commandants m’ont appris à être.
    Pendant qu’il racontait son récit, je suis resté bouche bée.
    Comment dois je réagir ? Que dois je faire? C’est mon mari mais il a tué ma mère, ma soeur et m’a violé…Lui et ses amis…
    Les seuls mots qui venaient dans ma tête étaient ceux des militaires chez nous : Ramon cota tue la maman, il ne faut pas la laisser en vie…
    Cota m’a reconnu et ne cesse de me demander pardon avec des vifs larmes!
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Source: Regard sur le Monde

Paule Bao

Paule Bao

Paule Bao est auteur et contributrice professionnelle spécialisée dans sujets liés à la culture, et aux médias. Elle a par ailleurs une expérience dans la presse écrite et parlée, et a eu à animer plusieurs émissions radiophoniques notamment sur Mirror Radio 93.7 FM, basée à Douala. Email : paule.bao@newsclic.info

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