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Le contenu de l’audience de l’ancien ministre Alain Mebe Ngo’o et de ses coaccusés ce jour au TCS

Affaire MEBE NGO’O : L’offensive de MEBE NGO’O EDGARD ALAIN ABRAHAM

Après près d’un mois les protagonistes dans l’affaire Etat du Cameroun contre MEBE NGO’O EDGARD ALAIN ABRAHAM et ses coaccusés se sont retrouvés ce jour pour la suite de l’Examination-en-chief du principal accusé MEBE NGO’O concernant l’acte d’accusation de violation du code des marchés publics dans la convention Polytechnologies ayant causé à l’Etat un préjudice d’un montant total de 196.800.000.000 FCFA. commencé le 25 mai dernier. A la suite de son Avocat Me KOE AMOUGOU qui a fait lire les annexes 2 et 4 du contrat commercial, MEBE NGO’O a démontré devant le tribunal qu’il n’a jamais signé un marché public dans le cadre du projet Polytechnologies, comme l’avait déclaré NSOLA soutenu par le ministère public, mais qu’il s’est agit d’une convention entre les États du Cameroun et de Chine. Que les annexes au contrat n’étaient pas des fractionnements de marché, mais des parties intégrantes dudit contrat. On apprendra à la lecture de l’avenant 2, que l’avenant 1 était une partie du contrat. Par la suite l’avenant 2 détaille les conditions et échéances de la dette contractée sur 10 ans et qui est payée par la Caisse Autonome d’amortissement jusqu’en 2023.

Me KOE AMOUGOU a ironisé en demandant à son client par quel tour de magicien pouvait-il détourner une dette qui est entrain d’être payée, car il a été démontré par MEBE NGO’O que les remboursements sont effectués dans le compte de Polytechnologies logé à EXIMBANK. Des documents officiels de gestion de la dette de la CAA fournis au tribunal montrent effectivement que le service de cette dette, due à Polytechnologies, est effectif jusqu’en 2023.
MEBE NGO’O a conclu sur cette accusation en affirmant que le projet Polytechnologies a été exécuté conformément à l’esprit et la lettre de ce contrat selon les quantités, la qualité et les spécifications techniques de départ des matériels. Il a pris à témoins les différents chefs militaires qui pouvaient l’attester. Il n’a pas manqué de relever que les victoires militaires engragées face aux différents défis sécuritaires sont dus en partie aux matériels issus de ce projet.

Avant de passer au 2ème chef d’accusation Me KOE AMOUGOU a donné lecture du décret n° 2013/468 du 26/12/2013, portant révocation d’un Officier Général des Forces de Défense, qui stipule que le Contre Amiral NSOLA Jean Pierre est révoqué des Forces de Défense pour faute majeure, pour compter dudit jour, avec perte du grade de Contre Amiral, et que ses droits à pension étaient calculés sur la base du grade de Capitaine de Vaisseau 3ème échelon. Suscitant la réaction de MEBE NGO’O, celui-ci a dit marqué son indignation et sa stupéfaction de ce que le ministère public avait basé son accusation sur les déclarations d’un militaire révoqué, en lui servant un grade que lui avait retiré le Président de la République dans ses prérogatives constitutionnelles de nommer aux emplois civils et militaires. Alors même que le juge d’instruction n’en avait pas fait cas. Pour MEBE NGO’O cet acte du ministère public est très grave car il tend à contester l’acte pris par le Président de la République, mais surtout qu’il donne du crédit aux déclarations d’un militaire révoqué pour FAUTE MAJEURE, un terme qui d’après l’ex Mindef a toute sa signification dans l’Armée.

Avant d’aborder le second chef d’accusation, Me KOE AMOUGOU a sollicité de la greffière d’audience la lecture de la correspondance de la Procureure Générale du TCS, par laquelle elle fait tenir au Chef de Division des Enquêtes du Corps Spécialisé d’Officiers de Police Judiciaire une correspondance de l’ANIF sur des faits répréhensibles dans la société Magforce Cameroun, et sollicite l’ouverture d’une enquête approfondie en demandant l’interdiction de sortie du territoire national et le blocage des comptes bancaires des personnes concernées. Après cette lecture, Me KOE AMOUGOU sollicitera les observations de son client.
MEBE NGO’O va tout de suite relever :

  • le déphasage de la correspondance de l’ANIF avec ses missions
  • la différence entre le texte et son objet
  • que l’ANIF a été saisie sur la base d’un “dossier de blanchiment de capitaux en bande organisée bouclé par la BRIGADE FINANCIÈRE de Paris” qui n’a jamais existé, sinon les résultats de la Commission Rogatoire Internationale du juge d’instruction BETEA Jean en France l’aurait relevé
  • que la correspondance de l’ANIF dit que l’implication de Mme MEBE NGO’O, du Colonel MBOUTOU et de MBANGUE a été révélée par des recherches sur internet.
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Pour MEBE NGO’O parler d’un rapport bouclé qu’on va chercher sur internet c’est faire preuve de légèreté. Par ailleurs la lettre de l’ANIF rend compte d’une enquête diligentee par le SG/PR, qui a identifié 8 comptes pour chacun des époux MEBE et dont aucun mouvement de fonds ne provenait de la société Magforce. L’ANIF a seulement supposé que les fonds trouvés dans ces comptes pouvaient “provenir des retrocommissions de la société Magforce” et que les investissements attribués aux époux MEBE NGO’O “ont pu être réalisés avec les retrocommissions perçues”.

Pour MEBE, ces insinuations sont du “vaudou”. Il a déploré que la société Limousine Prestige Services créée en 1997 par son épouse, alors qu’il était Préfet du Mfoundi, est aujourd’hui radiée du registre des PME pour une ALLUSION DE CORRUPTION laissant au chômage une cinquantaine de personnes.
MEBE NGO’O a relevé que la correspondance de l’ANIF a par contre établi qu’un compte au nom de MEKOU ONYONG GISÈLE avait reçu plus de 250 millions venant de Magforce International et que ESSAM ONYONG DIDIER (frère de MEKOU ONYONG) était l’un des actionnaires avec 10% du capital de la société Magforce Cameroun, objet de la correspondance.

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MEBE NGO’O a conclu en faisant observer qu’il y a eu interpellation et poursuite des personnes objets des suppositions et supputations et non celles dont la certitude des transferts de fonds est avérée, et plus encore celle de MENYE VICTOR dont le nom n’apparaît pas dans la correspondance de l’ANIF.

MEBE NGO’O a indiqué en outre que MEKOU ONYONG GISÈLE était depuis le déclenchement de cette affaire en service à l’ambassade du Cameroun à Madrid.

Après la lecture de l’article 12 du décret 2005/187 portant Organisation et fonctionnement de l’ANIF, qui stipule que :

“(1) L’ANIF élabore des rapports d’activités trimestriels. Ces rapports recensent les techniques de blanchiment relevées sur le territoire national et formulent des propositions visant à renforcer la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. Elle établit annuellement un rapport récapitulatif.

(2) Ces rapports sont adressés au Ministre chargé des finances, au Ministre chargé de la Défense, au Délégué général à la Sûreté Nationale, au Ministre chargé de la justice, au Secrétaire Permanent du Groupe d’Action contre le Blanchiment d’Argent en Afrique Centrale (GABAC) et au Gouverneur de la BEAC.”

MEBE NGO’O a observé que le document de l’ANIF au SG/PR n’était pas un rapport et que ce dernier n’avait pas qualité pour le recevoir et le transmettre à la justice. Il a dit avoir peur qu’on soit dans un cas d’instrumentalisation de la justice par le SG/PR.

Pour ce qui est de l’accusation de détournement de deniers publics portée à 26.180.276.714 FCFA par le ministère public, MEBE NGO’O a dit que cette accusation était “juridiquement et factuellement infondée”, caricaturale et grotesque. En effet, pour MEBE c’est comme s’il était l’acteur unique de la procédure des marchés. Il a présenté les différents acteurs qui, en dehors de lui-même, ordonnateur principal en tant que Ministre, sont :

  • le Directeur du Budget et des Équipements qui était ordonnateur délégué, accrédité sur les lignes de HCCA. Ce qui implique un transfert de compétences, différent de la délégation de signature
  • le Contrôleur Financier qui valide les actes de l’ordonnateur
  • le Payeur Général du Trésor
  • la Chambre des Comptes.

Pour ce qui est des marchés fictifs, l’ex Mindef a dit que cela était inenvisageable du fait que les militaires ayant droit chacun à une tenue lors du 20 mai, si ça n’avait pas été le cas, ça se serait su en 6 éditions du 20 mai.

Il a poursuivi que conformément aux articles 30 et 31 du Code des Marchés Publics de 2004, les Marchés Spéciaux sont dérogatoires des dispositions dudit Code car relevant du Secret Défense et qu’en plus ces Marchés reçoivent préalablement l’autorisation formelle du Président de la République pour leur signature par le SG/PR. Relevant de la procédure dérogatoire du Minfi à savoir la procédure simplifiée c’est pourquoi il n’y avait pas de PV de réception dans les liasses.

Pour ce qui est des surfacturations, il a dit que c’est une opération impossible pour l’ordonnateur, car le contrôle financier effectue les opérations de contrôle après la signature du Bon d’engagement, à savoir la vérification de l’accréditation, de l’imputation budgétaire, de la disponibilité des crédits et du respect de la mercuriale des prix qui se fait par une application informatique. Donc si les dépenses ont été validées et payées, ça veut dire qu’il n’y avait aucun problème. En plus la chambre des comptes n’a jamais jugé d’irreguliers ces marchés.

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S’agissant du détournement de la somme de 1.675.000.000 FCFA qu’il aurait remis à son épouse, MEBE NGO’O a déclaré que c’était pas vrai, que cet argent était destiné à l’alimentation des militaires, aux réparations des véhicules et engins ainsi qu’aux activités diverses. Il a dit qu’il ne pouvait pas décliner les répartitions car celles-ci étaient frappées du sceau du Secret défense.

En tout état de cause MEBE NGO’O a sollicité du tribunal un transport judiciaire pour le ministère de la défense afin d’avoir les justificatifs nécessaires pour les livraisons et pour les dotations financières.

Pour terminer, MEBE NGO’O a dit avoir sur sa conscience le fait que les carrières et les vies de ses coaccusés soient brisées alors qu’ils n’avaient joué aucun rôle dans la procédure des marchés. Il a estimé qu’ils étaient des dégâts collatéraux. Il s’est insurgé :

  • de voir son épouse impliquée alors qu’elle n’était pas fonctionnaire,
  • de voir la carrière brisée de MENYE son ami de 50 ans, dont l’enfant est mort pendant qu’il est en prison, alors qu’aucune opération n’a été passée dans la banque où il était DGA
  • de voir la carrière de son ancien collaborateur le Lieutenant-colonel MBOUTOU brisée, alors qu’il n’était qu’Adjoint et que son Chef de qui il recevait des ordres mène une retraite paisible
  • de même pour ce qui est de MBANGUE qui n’était que Conseiller Technique avec qui il a travaillé à la DGSN et par la suite au Mindef et qui ne recevait que des ordres.

MEBE NGO’O a conclu en affirmant qu’il n’y a eu aucun marché fictif, encore moins surfacture, ni même un détournement de 1.675.000.000 FCFA. Il a dit faire confiance à la justice.

En attendant la suite des événements, on pourrait se demander pourquoi la fratrie ONYONG n’a jamais été inquiétée, malgré la certitude des faits ?

La fratrie ONYONG aurait elle un lien avec un certain Commissaire ONYONG ONYONG Maurice ?

Pourquoi MEKOU ONYONG a été affectée seulement à l’ambassade du Cameroun à Madrid ?

Au final, on continue à se poser la question de savoir ce que cache cette procédure contre Mebe Ngo’o ? Et qui a eu cette idée d’engager une procédure dans l’armée ?

Rendez-vous demain 24 juin

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Ulrich Nguena

Ulrich Nguena est un auteur et rédacteur spécialisé dans les chroniques sportives. Doté d'une maîtrise transversale des sujets d'actualité, il a, à son actif de nombreuses contributions dans la presse écrite, et les blogs sportifs.

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