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Révélations : …Et si le procès de Samuel Eto’o avait commencé ?


Quand le confinement inspire deux anciens Lions Indomptables, c’est leur retraité de capitaine qui trinque. Abus de pouvoir et de virilité… Et si le procès de Samue

Est-ce le fin mot de l’histoire ou l’ultime épisode d’un feuilleton à rebondissement ? Assistons- nous enfin à un baissé de rideaux ou alors les artistes ne font que simuler la fin du spectacle ? Notre confère Jean Bruno Tagne avait bien raison d’emprunter à la sémantique théâtrale pour résumer l’agonie d’une sélection nationale qui, entre 2008 et 2014 s’est enfermée dans une véritable « tragédie ». Aujourd’hui encore, alors que les principaux acteurs de cette représentation nauséeuse ont quasiment tous tombé le vert-rouge-jaune, on assiste à des règlements de comptes sur la place publique. La place publique ou alors ces réseaux sociaux devenus le lieu d’exaltation du crétinisme de tout un peuple.

Et c’est l’un de « Bad boys » du football camerounais qui en premier sonne la charge. Alexandre Song l’a toujours mauvaise envers Eto’o. Il l’a déjà fait savoir mais cherchait le bon moment pour reverser sa bile sur le quadruple ballon d’or africain. Clairement en froid avec la presse camerounaise qu’il accuse de l’avoir malmené, c’est à la faveur d’un entretien sur Instagram avec des proches le 23 avril 2020 qu’Alex a craché son venin. Joli pied de nez aux journalistes qui ne méritaient pas ses scoops. Après avoir luimême dressé le couvert, l’ancien Lion s’est donc mis à table avec comme plat de résistance, la très épicée Coupe du monde de 2010 en Afrique du Sud : « en sélection les gens ne parlaient pas. Quand le Bantou avait décidé avec Paul Le Guen, personne ne bronchait, les gens parlaient seulement dans la chambre. Le Bantou était puissant. Les gens parlaient et quand ils voient le Bantou ils font « Chuut ». Et le Bantou savaient que tout ça c’était du cinéma ».

« On voulait juste avoir la petite chaise pour s’asseoir »

Mais qui est donc ce « Bantou problématique » (pour emprunter à Fabien Eboussi Boulaga) ? Point besoin d’avoir fréquenté le très sinueux monde de la tanière pour savoir que Alexandre Song désigne ainsi son ennemi juré : Samuel Eto’o. Son attaque est plus que jamais frontale : « moi je ne laissais pas faire les choses, quand c’est le Bantou qui me touchait moi je frappe direct et là on dit le petit est insolent, il veut se comparer, mais les camerounais ne connaissaient pas ce qui se passe dans la tanière, c’était facile de dire que Alexandre Song il est voyou, bandit. Je ne refuse pas je joue aux cartes et ça ne va pas changer ; ma mère m’a inculqué des valeurs si tu me respectes je te respecte si tu ne me respectes pas je ne te respecte pas. Il était le chef on était des notables, on voulait juste avoir la petite chaise pour s’asseoir. On ne pouvait pas discuter la place avec le Bantou parce que le Bantou c’est le bantou quoi qu’on dise, on voulait juste notre petite place pour pouvoir respirer ».

Tout au long de l’entretien, Alexandre Song se montre à l’aise, détendu. Loin des codes d’une interview journalistique classique, il promène les internautes dans son monde à lui. Celui du ghetto (« j’ai chié dans des sacs en plastique »), celui de la débrouille et de la vindicte, celui de la résistance téméraire, parfois suicidaire. Celui encore d’un univers lexical si particulier (tchakaliser le baxmati) où l’on se comprend à demi-mots, où peut enfin exorciser tous les maux : « je reviens en sélection et je suis parmi les trois finalistes pour le ballon d’or africain, il y avait Didier, Yaya et moi, et le Bantou fait une interview où il dit que je ne fais pas partie des meilleurs joueurs camerounais, j’étais en course pour le ballon d’or et il sort un truc comme ça ».

La main pendue

Pour Song, il s’agissait là de l’attaque de trop, d’autant plus que l’ancien d’Arsenal reprochait déjà à Eto’o d’avoir rédigé un rapport contre lui aux sortir de la Coupe du monde de 2010. C’est donc un homme au bord de l’esclandre qui débarque à Yaoundé en juin 2011 pour le stage des Lions Indomptables en vue du rencontre face au Sénégal, décisive pour la qualification en à la Can 2012. Blessé, le joueur est quand même présent à l’hôtel moins par solidarité avec le groupe que pour assouvir une rancune personnelle qu’il raconte aujourd’hui encore avec délectation : « le Bantou arrive avec plus de 35 personnes à ses trousses, comme il en a l’habitude. Dans les couloirs de l’hôtel il se met à serrer la main à tout le monde, quand il arrive à mon tour il tend la main, je jette la tête de l’autre côté. « Tu ne me salues pas », dit-il. Je ne voulais même pas l’entendre parler.

Je suis en course pour le ballon d’or, si tu ne me soutiens pas d’accord mais il ne faut pas me dénigrer. Moi je ne suis pas hypocrite. Comme il était avec ses gens, il s’est senti humilié, l’iceberg les a pris, les gars ont eu froid ». Près de 10 ans après, l’acte de défiance de ce lieutenant à son général lui procurent encore la même sensation jouissive. Comme pour dire qu’il aurait recommencé si c’était à refaire. Comme pour répéter qu’il ne baiserait jamais la garde face à un leader coupable à ses yeux d’abus de pouvoir.

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« Menottez-le »

Un homme qui se croyait au-dessus de tout au point de s’autoriser des scènes les plus ubuesques. Song raconte : « Nous sommes en stage à Yaoundé au centre de Mabkomo, le Bantou demande à Chic choc (Stéphane Mbia) de venir pour un entretien avec Achille Emana avec qui il est en froid. Chic choc lui répond violemment d’un geste brusque de la main « ne me mêlez pas dans vos affaires ». La réponse fait bondir le Bantou qui promet une bastonnade à Mbia. Courroucé, ce dernier se lève et veut lui renter dedans. Nous assistons à la scène d’un escalier. Je me précipite pour bloquer Makoun qui veut jouer le pacificateur. On veut que Stéphane tchakalise le bantou, Sergent bloque Mbia, nous on dit : « laisse qu’il le tchakalise ». Le Bantou fait appel à son garde du corps ; « mon lieutenant menottez-le », hurle-t-il. Je me précipite sur le lieutenant je le bloque et retiens son arme je lui dis : ici ce n’est pas la police, on défend les couleurs du Cameroun … on vient joueur en sélection et on demande de menotter un joueur…Comment un joueur peut dire à un gendarme de menotter un joueur en plein stage ; imaginez qu’un incident survienne et qu’il y ait un coup de feu ».

Chedjou : « Il a dragué ma femme »

La sortie d’Alexandre Song enflamme la toile. Dopé par la « bravoure » de son ancien équipier en sélection, Aurélien Chedjou se sent lui aussi des envies de confession. Le fameux Essaka qui échange longuement avec Song dans son live revient à la charge sur Instagram. La conversation débute mais n’a pas la même saveur que celle d’Alexandre Song. Normal, les deux joueurs n’ont pas le même parcours et Alex est un va-t’en guerre reconnu. Mais Chedjou n’est pas simplement sur Instagram ce jour-là pour scruter l’évolution de sa tignasse qui s’entasse à la faveur du confinement. Il a lui aussi une mission, un agenda. Un homme se trouve en ligne de mire. C’est le Bantou, encore lui. Le défenseur reste en poste et attend le bon moment pour un joyeux dépassement de fonction. Il achève un propos et invite ses jeunes frères à « investir au pays ».

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Son interlocuteur amorce une nouvelle question et Chedjou le coupe. « Attend un peu, dit-il, en se rapprochant de l’écran de son téléphone. « Ta relation avec Bantou », je vois la question revient, je n’ai pas de relation avec lui ». Son visage prend une expression plus grave. Comme s’il exécutait un tacle rageur, il poursuit. « Je le respecte en tant que footballeur, le grand-frère franchement, en termes de football, on n’a jamais vu ça au Cameroun… Mais je n’ai pas de relation avec lui, il est de son côté, et moi du mien. Parce que ce qui s’est passé, ça ne se fait pas». Qu’est ce qui s’est donc passé ? Chedjou veut décidément faire une révélation sur Eto’o mais comme à chaque fois qu’il s’agit de parler de l’ancien capitaine des Lions Indomptables, on le sent pris de panique. « On fait des erreurs mais il y a des erreurs qu’on n’accepte pas surtout quand l’erreur est préméditée, c’est meurtre avec préméditation comme on dit, la relation le respect que j’avais pour lui en tant que personne c’est dans mon anus, je ne le respecte plus, c’est mort, il n y a rien qui va faire que ça s’arrange ».

On attend le bantou

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Ah bon ? Et pourquoi donc ? On n’a toujours rien ! Déstabilisé, le Sieur Essaka veut passer à d’autre chose. L’homme prudent voit le mal de loin. « Il y a des questions, tu vas alors choisir tes questions », relance-t-il. Mais Chedjou se reprend et le rattrape. « Non vas-y, vas-y, c’est juste que j’ai vu cette question qui revenait…Si je sais que c’est ta femme je ne la drague pas, quel que soit l’argent que j’ai, je te dois du respect. Camer-sport.com On a tous des « petites » dehors, mais quand il s’agit de la femme que j’ai mise à la maison ça ne se fait pas. Tu es un grand frère, j’ai grandi dans tes mains, on te vénérait à la télévision et tu viens draguer ma femme, il aime les femmes nous tous on aime les femmes ».

Ouf ! Le morceau est lâché. Comme une délivrance, Chedjou a parlé. Il s’est libéré. Abus de pouvoir et d’autorité grotesques, intrusion brutale dans la vie intime d’autrui. Les charges qui pèsent sur Eto’o sont lourdes. Le Roi est désormais nu. Qu’a-t-il à dire pour sa défense ? Tout le monde sait qu’il n’en restera pas là et qu’il prépare une riposte à la mesure de son aura. La pièce n’est décidément pas terminée. « La tragédie des Lions Indomptables » est loin d’être achevée.

Davidson Ngomengom

Davidson Ngomengom est un auteur et rédacteur spécialisé dans les chroniques sportives. Doté d'une maîtrise transversale des sujets d'actualité, il a, à son actif de nombreuses contributions dans la presse écrite, et les blogs sportifs. Email : ngomengom.davidson@newsclic.info Tel : (237) 666 885 340

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