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Transferts de fonds : la Banque mondiale anticipe une baisse d’au moins 11 milliards de dollars en 2020

La paralysie économique mondiale due au coronavirus provoquera d’importantes réductions d’emplois et de salaires parmi les travailleurs émigrés africains, et donc une chute importante de leurs envois d’argent vers leurs pays d’origine.

Après l’effondrement des cours des matières premières et la fuite des capitaux étrangers, c’est un nouveau coup dur pour l’Afrique qu’annonce la Banque mondiale dans un dossier (1) publié le 22 avril, en prédisant une forte chute des envois d’argent des travailleurs émigrés en Europe, en Amérique du Nord ou dans le Golfe durant l’année 2020.

Ces émigrés, qui subissent de plein fouet la mise à l’arrêt de l’économie mondiale par l’épidémie de coronavirus, ne peuvent plus envoyer à leur famille autant d’argent qu’avant. Si le rapport ne détaille pas le recul des montants envoyés par pays – à l’exception de la Tunisie et du Maroc, qui devraient connaître une chute de 17 à 18 % de leurs entrées d’argent -, il met en lumière l’importance que cet argent représente pour les pays et les familles les plus pauvres.

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Principaux pays africains destinataires des transferts de fonds des émigrés en 2019 (en milliards de dollars)

L’Afrique subsaharienne serait durement touchée avec un recul de 23,1 % des envois qui chuteraient de 48 milliards de dollars en 2019 à 37 milliards cette année, avec la perspective de remonter de 4 % en 2021. Si le Nigeria et le Ghana, qui ont été les principaux bénéficiaires des transferts en 2019 avec respectivement 23,8 et 3,5 milliards de dollars, seront fortement touchés, il est vraisemblable que ce les pays les plus affectés seront ceux dont le PIB est le plus dépendant de ces envois, comme le Sénégal (2,5 milliards de dollars soit 10,5 % du PIB) ou le Soudan du Sud (1,3 milliards de dollars soit 34,4 % du PIB).

Une baisse des frais préconisée

Part du PIB que représentent les transferts de fonds des émigrés, en 2019

L’Afrique du Nord est un peu moins mal lotie, bien qu’elle dépende encore plus de la conjoncture européenne. L’Égypte reste le pays le plus dépendant de ces transferts (26,8 milliards de dollars soit 8,9 % du PIB en 2019), suivie du Maroc (6,7 milliards soit 5,6 %), de la Tunisie (1,9 milliards soit 4,9 %) et de l’Algérie (1,8 milliards soit 1%). Les estimations ne sont pas disponibles pour la Libye, en plein chaos.

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Pour contrebalancer cette chute qui affectera le niveau de vie des familles et notamment les dépenses de santé ou liées à l’éducation des enfants, la Banque mondiale préconise notamment de réduire les coûts de transferts qui sont en Afrique les plus élevés du monde.À LIRE Ade Ayeyemi (Ecobank) : « Il faut soutenir politiquement les transferts d’argent » 

Pour envoyer 200 dollars vers un pays africain, il en coûte en moyenne 8,9 % de ce montant, les envois les plus chers étant relevés en Afrique australe où ils peuvent atteindre 20 %. « Des améliorations qui pourraient rendre plus faciles à envoyer ou à recevoir ces sommes apporteraient une aide bienvenue aux migrants et à leurs familles », commente Dilip Ratha, auteur principal du dossier de la Banque mondiale.

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1 Migration and Development Brief 32, COVID-19 Crisis , « Through a Migration Lens », April 2020, World Bank Group.

Par Alain Faujas – Jeune Afrique Copyright © Tous droits réservés

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